Atelier du 14 mars – Francophonie New York

Lors de l’ouverture, le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres a relevé que la Commission aurait pu porter le nom de « Commission sur le statut du pouvoir » car l’égalité des sexes est fondamentalement une question de pouvoir et  a demandé de mettre fin aux arguments idéologiques surannés du patriarcat.
Il a rappelé que lorsque les femmes sont exclues de la prise de décision,  le monde en pâtit. Au contraire quand elles sont incluses, le monde gagne.
Il a affirmé être fier d’être féministe et a invité les femmes à continuer de mener le monde vers un endroit où les femmes et les hommes jouissent des mêmes droits, libertés et pouvoirs.
 
La France présidant le Conseil de Sécurité, à ce titre Marlène Schiappa est intervenue lors de la cérémonie d’ouverture.
La Secrétaire d’État a plaidé pour la réalisation complète de l’agenda « Femmes, paix et sécurité » afin de garantir la participation pleine, effective et significative des femmes dans les processus politiques et de paix, à tous les niveaux, Elle a regretté la faible participation des femmes aux processus de paix alors que leur participation rend la paix plus durable.
Elle a rappelé que les femmes et les filles sont les cibles de violences, particulièrement des violences sexuelles, dans des situations de conflit armé ou d’après conflit mais, à ce jour,  aucun individu associé à Daech ou Boko Haram n’a été traduit en justice pour des actes de violence sexuelle.
 
En 2019, le monde maltraite encore une moitié de l’humanité, s’est indignée Marlène Schiappa : « Dans le pire des cas, cette moitié de l’humanité est vendue, mariée de force, mutilée, violée, enfermée, chosifiée.  Mais aucun pays dans le monde ne lui garantit dans les faits l’égalité parfaite.  Même dans le meilleur des cas, cette moitié de l’humanité sera moins bien payée, chargée davantage des corvées ménagères, davantage harcelée sur les réseaux sociaux, discréditée.  Nous ne pouvons plus nous contenter du moins pire des cas, nulle part dans le monde. »

Atelier du 13 mars 2019

Les membres de Regards de Femmes ont particulièrement apprécié l’intervention de Phumzille Mlambo-Ngcuka. En effet la Directrice exécutive d’ONU Femmes a souligné qu’un acte de naissance et une carte d’identité pourraient permettre aux femmes d’avoir accès aux programmes de développement publics et privés, au droit de vote et d’être éligible, au droit de propriété  foncière, à un compte en banque. Nos actions de plaidoyer sur l’importance de l’état civil fiable portent leurs fruits.

Elle a rappelé que 131 millions de filles à travers le monde ne vont pas à l’école, que « les progrès sont inégaux, insuffisants et susceptibles de reculer » et a jugé cette tendance inquiétante : « Nous avons besoin de grandes étapes audacieuses et non pas d’avancées par petits pas. Investir dans une protection sociale, des services publics et des infrastructures durables sensibles au genre s’avère donc crucial. »  Cela permettrait ainsi « de libérer du temps pour les femmes, soutenir leur mobilité, renforcer leur accès aux opportunités économiques et renforcer leur résilience face aux chocs ».

Regards de femmes a organisé 2 ateliers pendant la CSW [Flyers atelier 1 et atelier 2]
Nous avons eu l’honneur de la participation de la Ministre de la femme, de la famille et de l’enfant de Côte d’ivoire lors de celui sur la responsabilité sociale des collectivités et des entreprises et de la Ministre des droits humains et de la pauvreté extrême d’Haïti, lors de celui sur l’état civil.

Parmi les interventions :

Identité juridique de la femme, indispensable à sa participation politique. Par Margueritte YOLI-BI KONE, Commissaire centrale COMMISSION ELECTORALE INDEPENDANTE (CEI) de Côte d’Ivoire.

Identité juridique de la femme, un élément indispensable pour avoir accès aux programmes de développement. Par Eunide Innocent Ex-Ministre Haitienne à la « Condition Féminine et aux Droits des Femmes », Directrice Exécutive et fondatrice avec des militantes féministes haitiennes de la « Plateforme des Organisations de Femmes Haïtiennes  pour le Développement » (POFHAD)

J’ai été invitée à intervenir lors des ateliers :

  • du RF-EFH sur la protection sociale et l’autonomisation des femmes et des filles dans l’espace francophone : rôle de la société civile, au cours duquel j’ai présenté les actions de la société civile française  pour obtenir et faire connaitre les rapports de situation comparée dans les collectivités territoriales et entreprises ainsi que l’index d’égalité professionnelle. Je tiens cette intervention à votre disposition si vous la souhaitez.
  • de Femmes Solidaires j’ai mis l’accent sur le vécu dramatique des femmes et filles dépourvues d’état civil
  • de Forim et de Fecodev sur les femmes migrantes, j’ai consacré mes remarques conclusives sur les observations de Regards de Femmes au comité CEDEF/CEDAW au sujet de la traite des femmes et des filles dans le contexte des migrations mondiales et sur les nouvelles formes de traite des femmes, tel le trafic triangulaire entre l’Inde, le Kénya et des pays dits développés aux fins de maternité de substitution

           Parmi les autres réunions, je citerai :

  • Celle organisée par Nicole Ameline, vice-présidente du comité CEDEF/CEDAW, où il a été rappelé que la Convention CEDEF/CEDAW sert de base juridique à l’ODD 5 sur les droits des femmes
  • La réunion de haut niveau « Égalité devant la loi pour les femmes et les filles d’ici 2030 » afin d’abroger les lois discriminatoires envers les femmes (2,5 Milliards de femmes sont concernées). Pour SE Narjess Saidane, Observatrice permanente de l’OIF auprès des Nations Unies, ces lois discriminatoires institutionnalisent une inégalité structurelle entre les femmes et les hommes.  Il faut aujourd’hui accélérer les efforts pour non seulement réviser les lois discriminatoires existantes mais également pour prévenir l’adoption de nouvelles lois discriminatoires
  • Celle sur le Harcèlement sexuel. Lors de la réunion préparatoire pour les ONG Françaises, l’Ambassadeur François Delattre, représentant permanent de la France à l’ONU, a rappelé qu’une première résolution consacrée à la lutte contre le harcèlement sexuel, présentée par la France et les Pays bas, a pu être adoptée par l’Assemblée générale de l’ONU, le 19 novembre 2018, malgré les oppositions coordonnées et fortes d’un grand nombre de pays.

En 2019, les femmes et les filles constituent la majorité des plus de 4 milliards de personnes ne disposant pas de protection sociale. Or la protection sociale et les infrastructures durables (accès à l’eau potable, sanitaires, écoles…) facilitent l’accès des femmes à des activités génératrice de revenus, donc leur indépendance financière. Les opposants aux droits des femmes refusent vigoureusement ces avancées.
 
Aussi les discussions sur les conclusions agréées ont été très difficiles. Elles n’ont été obtenues que le vendredi 22 à 20h après une semaine de discussions et 2 nuits blanches. Toute notre reconnaissance à Raphaël Dang et aux autres négociateurs et négociatrices pour la France, qui ont été d’une vigilance extrême pour obtenir des avancées et empêcher les régressions.

Voici le lien pour les conclusions agrées : https://www.asiapacificforum.net/resources/csw-63-agreed-conclusions/

Deux articles concernent le rôle vital de l’enregistrement des naissances, l’article 25 et l’alinéa «p» de la partie consacrée au renforcement du cadre normatif, juridique et règlementaire.

Voici leur traduction :

25. La commission note l’importance capitale de l’enregistrement des naissances pour la réalisation de tous les droits humains, incluant le droit à la sécurité sociale, l’accès aux systèmes de protection sociale et est préoccupée par le bas niveau d’’enregistrement parmi les femmes et filles indigènes, handicapées, migrantes et est d’autant plus préoccupée que toutes ces personnes sans déclaration de naissance peuvent être plus vulnérables à la marginalisation, à l’exclusion, à la discrimination, à la violence, à l’apatridie, à l’exploitation et à la maltraitance,

p. Garantir l’enregistrement universel des naissances et assurer l’inscription de tous les mariages, y compris en éliminant les obstacles physiques, administratifs, procéduraux et autres qui empêchent l’accès à l’enregistrement et en fournissant, quand ils font défaut, des mécanismes pour l’enregistrement des naissances et mariages, y compris les mariages coutumiers ou religieux, en gardant à l’esprit l’importance capitale de l’enregistrement des naissances pour la réalisation des droits des personnes incluant le droit à la sécurité sociale et l’accès aux services publics.


Deux émissions “Regards de femmes” sur Sud Radio week-end ont été consacrées à la CSW, celle du 13 mars où Michèle Vianès a été interviewée par Laurence Péraud, depuis New York et celle du 30 mars où elle a rendu compte des conclusions agréées. Vous pouvez les podcaster sur le site : www.sudradio.fr